Chaque année, nous formons des dizaines de porte-paroles, de professionnels de la communication, de dirigeants et d’experts aux techniques d’interview face aux médias. Tous n’ont pas une longue expérience médiatique. Nous accompagnons aussi régulièrement des personnes qui n’ont encore jamais été filmées, mais qui devront l’être dans un futur proche parce que leur fonction exige qu’elles puissent s’exprimer avec assurance et clarté devant les journalistes.
Les participants qui ont peu ou pas d’expérience face caméra partagent souvent les mêmes inquiétudes, qui font qu’ils ne sont pas toujours enthousiastes à l’idée d’être interviewés à la télé. Bonne nouvelle : ces appréhensions disparaissent rapidement (ou du moins s’atténuent fortement) à la suite d’un médiatraining. Nous vous présentons les trois inquiétudes les plus fréquentes.
Préoccupation numéro un : « On va tout de suite entendre de quelle région je viens. »
C’est vrai : à moins d’avoir suivi une formation pour parler un français sans accent, il est difficile de le dissimuler complètement. Mais pas d’inquiétude : ni les journalistes, ni les téléspectateurs ne s’attendent à un français parfait. Ils veulent simplement une langue claire, sans trop de dialect local.
Autre crainte linguistique : dire trop souvent « euh ». Mais soyons honnêtes : tout le monde le fait (sauf peut-être les présentateurs de JT les plus aguerris) et ce n’est pas grave. Tant que cela reste naturel, personne ne s’en offusque. Personne ne regarde les infos pour compter les « euh ».
Les tics de langage, par contre, sont une autre histoire. Ceux qui savent qu’ils en utilisent trop gagneraient à les corriger. Contrairement aux « euh », ces mots parasites peuvent irriter le public et détourner l’attention du message principal.
« Que vont penser mes collègues ou mes pairs quand ils m’entendront parler ? »
Nous apprenons aux participants à formuler leurs réponses dans un langage compréhensible pour tous. Pas de jargon ni de tournures compliquées : il faut s’exprimer d’une manière que le grand public peut suivre. Ce sont les téléspectateurs, et non les collègues, qui sont la véritable cible.
Ce n’est pas toujours évident. Ce qui semble aussi logique qu’un 1 + 1 = 2 pour un expert peut paraître très technique à un téléspectateur. Le jargon professionnel (ces mots que l’on utilise quotidiennement sans plus y penser) peut vite sonner comme du chinois pour le grand public. La clé, c’est donc de traduire ce savoir. Et mieux vaut y réfléchir à l’avance, avant de se retrouver face à la caméra.
Une interview n’est pas un simple jeu de questions-réponses. Et face à une caméra, la tension monte naturellement, surtout pour ceux qui manquent d’expérience. La question « Pourra-t-on avoir les questions à l’avance ? » revient donc souvent. Parfois, c’est possible, mais pas toujours. Et ce n’est pas un problème : en se mettant à la place du téléspectateur moyen, on peut souvent anticiper les questions les plus probables. Il suffit aussi de demander à quelqu’un qui ne connaît rien au sujet ce qu’il aimerait savoir car cela donne souvent de très bons indices.
Et puis, il y a la peur des questions difficiles. Une crainte paradoxale, surtout chez les experts : ce sont eux qui maîtrisent le sujet, alors que le journaliste, lui, se prépare souvent à partir de quelques recherches de base comme un article, un appel rapide avec un autre parti concerné, une recherche sur Google. Pourtant, cette peur des questions «difficiles » reste bien présente.
Lors de nos médiatrainings, nous approfondissons évidemment ces points, et bien d’autres encore. L’objectif est simple : faire en sorte qu’un interview face caméra devienne une expérience confortable et maîtrisée pour chaque participant.